vendredi, 23 avril 2010

Spin (Robert Charles Wilson)

 

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Cela faisait un bail hein. Je ne vous oublie pas pour autant de ce côté là (bon, pour être honnête, si) et c'est ainsi, sans plus de préambule qu'une couverture attrapée au vol sur internet que je lance cet article.

 

 

L'auteur :


 

Robert Charles Wilson, né en 1953 et émigré au Canada pendant son enfance. Il a commencé comme beaucoup d'auteur de sa génération dans le Asimov et le Magazine of Fantasy and Science Fiction et a enchainé quelques petits prix du milieu ... rien de bien méchant hein, juste de quoi faire pâlir un paquet d'auteur de littérature de l'imaginaire (notamment un très convoité prix Hugo et un prix Theodore Sturgeon).

 

 

L'histoire :

 

 

Par une belle soirée d'Eté un homme entreprend un traitement annoncé comme douloureux. Par une belle soirée d'Eté trois enfants, plusieurs milliard d'années auparavant voient les étoiles disparaître. Jason et Diane sont des surdoués, enfants d'un visionnaire de l'aéronautique, Tyler est le fils de la gouvernante qui est aussi la veuve du meilleur ami de son patron.

 

 

Diane ne regarde pas les étoiles et voit quelque chose qui la changera pour toujours.

Jason regarde les étoiles et voit quelque chose qui le changera pour toujours.

Tyler ne comprend pas encore que sa présence sur cette pelouse à cet instant l'entrainera loin.

 

 

Spin c'est l'histoire d'une membrane qui entoure la Terre et qui cache dans un premier temps le ciel nocturne avec des conséquences surprenantes. Spin c'est l'histoire d'un amour entre un gars normal et une surdouée, c'est l'histoire d'une amitié entre deux hommes que beaucoup de chose séparent que pourtant tout rassemble.

 

Spin c'est l'histoire d'un projet qui tentera de sauver l'humanité avec des conséquences inattendues.

 

 

 

La critique :

 

 

Spin c'est avant tout l'histoire de la fuite en avant d'un monde qui se croit condamné à échéance de 50 ans, vécu depuis l'antichambre de la crise. Que faire quand le réseau de satellites s'effondre, quand les repères cosmiques ne fonctionnent plus. Que faire quand on a la certitude que, quoi qu'il puisse arriver, on fait parti de la dernière génération d'homme à vivre sur Terre ?

 

Je dois d'abord dire qu'on a essayé de me vendre le roman plusieurs fois avant que je ne craque. Je ne regrette pas mon achat ... ah si, il m'a privé de plusieurs heures de vie sociale.

 

 

Ce livre est une des plus grosses claques que j'ai reçu en Science Fiction depuis un bout de temps, et il s'agit de réelle Science Fiction et non pas d'une fantasy avec des vaisseaux et des planètes.

 

 

On peut saluer la trame narrative, la cohérence de la réflexion. L'idée de la membrane Spin n'était pas simple, ses implications sont montrées sans lourdeurs, sans blabla scientifique très pointu : sans perdre le lecteur. On y croit. Les projets qui s'y appliquent, les réactions des personnages sont autant de choses plausibles.

Je trouve que l'analyse des réactions extérieures est cohérente (car, au lieu de se concentrer sur Jason et ses projets par rapport à la membrane Spin, l'auteur n'oublie qu'il existe un monde autour), bien pensée, crédible. Je regrette d'ailleurs de ne pas pouvoir m'étendre plus sur le sujet ...

 

 

J'ai beaucoup apprécié l'utilisation du point de vu de Tyler qui est à la fois en première ligne (quand même aux côtés de Jason, amoureux de Diane) et à la fois en retrait (ce n'est pas un scientifique qui travaille sur les projets, il a sa vie à côté et parfois des périodes où il fait strictement autre chose). J'ai surtout beaucoup aimé dans les derniers chapitre son implication par rapport à sa mère, à son histoire personnelle, ses rapports avec les parents de Jason ... Toutes ces choses qui en font un narrateur très humain auquel on s'identifie très vite ce qui facilite l'immersion.

Et j'ai beaucoup apprécié ces pauses en 4 milliard après JC qui nous offre une fenêtre sur Tyler et Diane plus vieux et qui transpire de nombreux non dits sur leurs relations, sur les découvertes, sur l'évolution du monde : autant de choses qui nous poussent toujours plus dans le roman jusqu'à la page finale.

 

 

Pour moi une des forces du roman est justement son aspect romanesque. On ne parle pas d'un bouquin de SF (je pense par exemple à ... ah non l'arrêt du putassage est dans mes résolutions ... c'est pas juste) mais d'un roman de SF et Wilson prouve qu'il a saisi ce qu'est un roman quant aux exigences narratives que ce genre implique. Vous savez les histoires de personnages complexes, de trame à tiroir, de narrateur consistant ... vous savez le genre de truc qu’on ne trouve pas chez ... hum mouais non je vais me taire.

 

 

Points noirs à l'affiche ... c'est crédible si je dis que je n’ai pas trouvé ? Peut-être que de temps à autre on a l'impression que la suite nous est un peu spoilé par les chapitres de transition qui se passent à la fin. Ou peut-être qu'on trouve lourd que le père de Jason reste le même, même après 30 ans ... bon ok son fils lui en veut beaucoup vers la fin parce qu'il est quelqu'un qui ne s'adapte pas à son époque mais quand même, c'est un peu caricatural non ? Ou alors la mère alcoolique de Jason qui se révèle être un médecin qui arrive à faire tout plein de trucs sur des pathologies complexe après 30 ans passés sans formation continue.

 

Mais tout ça, c'est de la mauvaise foi et de la jalousie.

 

 

Spin est un vrai, un bon, un du genre que j'aimerai lire beaucoup plus souvent !

18:04 Écrit par Gromitflash dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 30 mars 2010

Le cycle de Nouvelle Crobuzon (China Mièville) (2)

Et tout de suite derrière, un petit quelque chose sur la "suite".

 

 

Nous laissons la rumeur de la Nouvelle Crobuzon pour Armada. Il semble que China Mièville se sente surtout à l'aise avec les villes. Voyons un peu de quoi il retourne.

 

L'histoire :

 

Béllis Frédevin, linguiste et femme de lettre fuit. Après les remous causés par un de ces amis (un certain Isaac Dan etc) elle pense (à raison d'ailleurs) qu'il vaut mieux ne pas s'attarder à Nouvelle Crobuzon. Elle pense donc chercher refuge à Nova Esperium, une colonie Crobuzonaise à plusieurs milliers de kilomètre et y rester pour deux ans, le temps que les choses se calme.

Hélas, alors qu'elle commence son voyage son navire est pris par des pirates d'Armada, la légendaire ville flottante. Alors que Béllis est forcée de vivre dans cette nouvelle ville inconnue (qu'elle compare sans cesse à la Nouvelle Crobuzon) et employée par bibliothécaire. Elle ne tardera pas à être embauché par les maîtres de cette ville-navire : les Amants Scarifiés. Il semble d'ailleurs que l'Amante s'intéresse à certains livres que seule Béllis peut lire ...

 

La critique :

 

On passe au roman d'aventure : un bon gros roman d'aventure (avec un prix par page dépassant toute concurrence). On combat, on explore, on meurt et ça tache.

Là où on trouvait au départ une ville complexe, on se retrouve devant une planète complexe. Des contrées reculées aux habitants souvent peu recommandables, des légendes sur la chute de l'empire, sur la fracture, sur des reliques, des mythes, des lieux.

Le pic du récit est plutôt halluciné à ce niveau là.

 

On retiendra la virtuosité de l'auteur à nous mener en bateau, un univers très prenant qui nous fait sortir des sentiers battus. C'est un roman d'aventure et de piraterie avec tout ce que cela contient de vie marine, d'aventure, de danger, de trahison, d'incongruité et de terreur quand viens la tempête mais la transposition sur un monde nouveau nous offre des lieux inconnus à foison. Là où se trouvent d'habitude nos caraïbes si classique on a un univers marin riche et varié.

 

J'ai beaucoup aimé le livre (bon, en général je parle beaucoup des livres que j'ai aimé) mais je recommande de le lire à distance de Perdido Street Station pour éviter de saturer. Les deux livres ont un lien qui reste cependant assez lâche même si lire Les Scarifiés après Perdido permet d'apprécier tous les changements que ce dernier opère sur la Nouvelle Crobuzon.

 

La Nouvelle Crobuzon, on ne la quitte jamais. Même convaincue de rester à vie à Armada, Béllis y revient sans cesse. Un peu comme moi avec Paris quoi.

00:07 Écrit par Gromitflash dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 29 mars 2010

Le cycle de Nouvelle Crobuzon (China Miéville)

Je n'ai rien posté depuis quelques temps car il m'a fallut du temps pour moi-même. Et puis dire que je n'ai rien écrit est faux, ceux qui lisent mon autre blog verrons le contraire. J'ai en même temps décidé de recentrer ce blog : je me retrouve à faire de la littérature générale et du cinéma alors que je comptais parler avant tout de littérature de genre. Suivrons donc plusieurs articles sur mes dernières lectures et sans doute quelques articles de fond. Et on ajoutera à ça les nombreuses heures de non-lecture. Ah, misère.

 

Passons donc à l'article fleuve du jour : le cycle de Nouvelle Crobuzon. Ce cycle n'est pas officiel et se constitue de Perdido Street Station et de Les Scarifiés, deux livres de China Miéville.

 

En ce qui concerne l'auteur et l'oeuvre, je ne saurais trop recommander la lecture du Bifrost n°53 qui lui consacre un superbe dossier. Rien à ajouter à ça ... Juste qu'il s'agit d'un auteur anglais engagé qui s'illustre également dans la littérature pour enfant (le magnifique Un Lun Dun non traduit en français par exemple (car difficile à traduire)).

 

Je vais commencer, une fois n'est pas coutume, par présenter l'univers. La Nouvelle Crobuzon est la plus grande ville de Bas Lag, une planète contenant plus de merveilles et de périls que tout ce que vous pourriez imaginer. Cette capitale, ville univers, immense et complexe. J'ai beaucoup aimé découvrir cette ville parce qu'elle me fait beaucoup penser à Paris par certains côté, à Londres, Berlin ou New York pour d'autres.

 

 

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L'histoire :


Dans Perdido Street Station le lecteur se retrouve perdu dans la Nouvelle Crobuzon, laché en pleine nature. Il est retrouvé par Isaac Dan der Grimnbulin, un savant génial qui bosse en freelance dans son labo. Le monde mèle habilement magie (la thaumaturgie) et une science archaïque plutôt steampunk que les savants utilisent en même temps pour obtenir différents effets. Cet Isaac sort avec une Khépri (femme à tête de scarabée) et fréquente des artistes, des intellectuels. Une petite vie sympathique quoi. Jusqu'au jour où un Garuda débarque chez lui. Un homme avec une tête d'aigle et les ailes coupées qui lui demande, contre paiement, un moyen pour recommencer à voler.

Isaac qui n'attendait que ça pour démontrer sa théorie sur une énergie de crise qui serait un lien entre thaumaturgie et science saut sur l'occasion et se met au travail. Pendant ce temps sa petite-amie commence à travailler pour un chef de la mafia locale.

Je ne vais pas aller plus loin dans l'histoire si ce n'est pour révéler qu'il s'agira aussi d'histoire de drogue, de sédition et d'insectes dévoreurs d'âme. De quoi faire du grabuge en gros.

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La critique :


Je ne vais pas être parfaitement objectif dans cette critique. Peut-être mieux comme ça.

Perdido Street Station c'est d'abord une histoire entraînante, gigantesque, sans temps mort et vraiment bien mené. On perçoit un énorme travail mené sur la narration chez Mièville. D'une situation initiale qui n'est pas simple (déjà, de base), le livre arrive vite à une situation hors norme où des destins se croisent, se bouclent, s'embrouillent dans une ville personnage à la complexité redoutable.

Plus loin que l'intrigue (qui fait tout de même intervenir des personnages inattendus et étrange comme la Fileuse, araignée géante qui coure entre les dimensions) c'est le décor qui fascine. Une ville énorme avec des lignes de métro, avec des quartiers typiques, des habitués, des riverains. Une ville pleine de mythe, de légendes urbaines et de sociétés parallèles. Partout Mièville nous emmène sans oublier son histoire jusqu'au dénouement final.

Ce bouquin est un classique. C'est juste ça.

23:19 Écrit par Gromitflash dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Digg! Digg |  Facebook